Tout savoir sur l’amortissement comptableLorsqu’une entreprise entreprend un investissement d’envergure, elle n’impute pas immédiatement le coût total de cette opération sur un seul exercice comptable. Elle adopte plutôt la méthode de l’amortissement, qui consiste à répartir dans le temps cet investissement afin de maintenir une certaine souplesse financière.

Si vous souhaitez acquérir les fondamentaux de l’amortissement, suivez ce guide !

1. Qu’Entend-on par Amortissement Comptable ?

L’amortissement comptable d’un investissement au sein d’une entreprise consiste à répartir le coût de cet investissement sur la durée de son utilisation. Cette pratique vise à constater la dépréciation d’un actif, due à l’évolution technique et technologique (rendant l’actif obsolète) ou à son usage répété. L’amortissement agit comme un correctif sur la valeur des immobilisations.

Pour chaque actif immobilisé, l’amortissement doit être enregistré dans la comptabilité de l’entreprise. Sur le plan comptable, le compte utilisé pour l’amortissement d’un actif aura le même numéro que le compte d’immobilisation auquel il est rattaché, avec l’ajout d’un 8 en deuxième position. Par exemple, si le compte d’immobilisation d’un four dans une boulangerie est le numéro 1 779, le compte utilisé pour l’amortissement sera le 18 779.

En ce qui concerne le bilan, il s’agit d’un état financier dressant les comptes annuels, établi à la fin de chaque exercice comptable pour refléter la situation patrimoniale de l’entreprise. Le bilan expose la valeur comptable nette des actifs immobilisés, c’est-à-dire leur coût d’acquisition diminué de leur dépréciation.

Un tableau des amortissements doit être inclus en annexe aux comptes annuels de l’entreprise. Ce tableau doit présenter le montant de l’allocation consacrée aux amortissements pour l’année.

2. Comment Effectuer le Calcul de l’Amortissement Comptable ?

Le calcul de l’amortissement comptable implique plusieurs étapes. Tout d’abord, il est essentiel de déterminer la base de calcul de l’amortissement, qui représente le montant de l’actif sujet à amortissement.

Lors de leur date d’acquisition, les immobilisations doivent être enregistrées en comptabilité.

  • Pour les biens acquis à titre onéreux, selon leur coût d’acquisition. Cela englobe :
    – Le prix d’achat
    – Les frais associés à l’acquisition, tels que les frais de transport
  • Pour les biens reçus à titre gratuit, selon leur valeur vénale. Cette valeur correspond à la valeur du bien s’il avait été acheté dans des conditions normales.
  • Pour les biens produits, selon leur coût de production.

Plan d’amortissement

Ensuite, il convient d’établir un plan d’amortissement. Ce plan répartit la base amortissable en fonction de l’utilisation du bien par l’entreprise. Cette utilisation peut être mesurée en termes d’unités de temps ou d’unités d’œuvre. Le taux d’amortissement est déterminé par la durée normale d’utilisation du bien. Cependant, dans certains cas, il est possible d’amortir sur une période plus courte :

  • L’amortissement accéléré : cette approche est applicable si des conditions particulières d’exploitation le justifient. Par exemple, cela peut concerner l’utilisation intensive d’un équipement exposé aux intempéries.
  • L’amortissement exceptionnel : cette option peut être appliquée à des actifs spécifiques définis par la loi, afin de promouvoir leur développement. Cela peut concerner des logiciels visant à favoriser la transition écologique.

3 méthodes d’amortissement

Enfin, différentes méthodes d’amortissement existent, notamment l’amortissement linéaire, dégressif ou variable.

  • L’amortissement linéaire est la méthode la plus courante. Il consiste à étaler l’amortissement du montant d’acquisition de l’actif sur toute sa durée de vie.
  • L’amortissement dégressif : ici, l’amortissement est plus élevé pendant les premières années d’utilisation, puis diminue par la suite.
  • L’amortissement variable : cette méthode plus complexe tient compte du coût de l’actif par rapport à son utilisation annuelle.

3. Existe-t-il des Limites à l’Amortissement ?

Tous les actifs ne sont pas soumis à l’amortissement. En effet, seuls les actifs dont l’utilisation est limitée dans le temps peuvent être amortis. Les terrains, par exemple, ne perdent pas de valeur avec l’usage et le temps, donc ils ne sont pas amortissables. De même, les œuvres d’art et les immobilisations financières ne sont pas concernées par l’amortissement.

Il n’est pas possible d’amortir des actifs que l’entreprise consomme rapidement, c’est-à-dire au cours d’un même exercice comptable. Les matières premières en sont donc exclues.

De plus, selon les catégories d’actifs, il peut y avoir des limites quant à leur amortissement. Par exemple, les véhicules utilitaires peuvent être amortis en totalité, tandis que pour les véhicules particuliers, la limite d’amortissement dépend de leur émission de CO2. En général, l’amortissement déductible pour les voitures particulières est limité à 18 300 € HT. Si un véhicule est polluant, ce plafond est réduit à 9 900 €.

L’administration fiscale impose également des limites aux entreprises. Cependant, ces limites sont fiscales et ne s’appliquent pas à la comptabilité.

  • Si l’amortissement comptable est inférieur à l’amortissement fiscalement déductible, il faut enregistrer un amortissement dérogatoire en comptabilité.
  • Si l’amortissement comptable est supérieur à l’amortissement fiscalement déductible, les amortissements excédentaires doivent être réintégrés dans la déclaration annuelle.

De plus, le fisc peut exempter certaines entreprises de l’obligation d’immobiliser (et donc d’amortir) certains biens, notamment ceux de faible valeur.

La réponse en bref

Comment Enregistrer un Amortissement en Comptabilité ? Deux comptes sont requis pour cette opération : le compte d’immobilisation et le compte d’amortissement. Pour inscrire l’actif amorti dans le registre comptable de l’entreprise, vous ajoutez un chiffre 8 après le premier chiffre du compte d’immobilisation, ce qui donne naissance au compte d’amortissement.

Quelles Sont les Méthodes d’Amortissement ? Trois méthodes sont disponibles pour amortir un actif : l’amortissement linéaire, l’amortissement dégressif et l’amortissement variable. Chacune de ces approches présente des avantages dans la répartition temporelle de l’investissement, mais l’amortissement linéaire demeure la méthode la plus simple à mettre en œuvre.

Tous les Actifs Sont-ils Soumis à l’Amortissement ? Bien que de nombreux biens puissent faire l’objet d’un amortissement, certains en sont exclus. C’est le cas des actifs qui ne perdent pas de valeur avec le temps, tels que les terrains. De plus, les actifs financiers ne sont pas sujets à l’amortissement.

En conclusion sur tout savoir sur l’amortissement comptable

L’amortissement représente une méthode comptable particulièrement bénéfique et fréquemment adoptée en milieu entrepreneurial. Son rôle est de répartir sur une période donnée les coûts des investissements que vous effectuez. Quelle que soit la méthode choisie (linéaire, dégressive ou variable), le processus de base reste relativement similaire. Toutefois, il existe certaines restrictions concernant la nature des actifs pouvant être soumis à l’amortissement ainsi que les montants applicables.

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